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Pourquoi est-il difficile de changer ?

 

En psychanalyse, c’est avec le processus de répétition que nous comprenons bien pourquoi il est difficile de changer. Il faut, d’une part, le vouloir, mais nous voyons que cela ne suffit pas puisque des phénomènes inconscients sont à l’œuvre et peuvent empêcher ce changement. Il faut, d’autre part, renoncer à des mécanismes psychologiques qui ont en partie forgé notre personnalité. Changer peut faire peur et on ne sait pas ce qui va remplacer un fonctionnement connu. Celui qui se sent mal est prêt à changer mais veut souvent la garantie d’un mieux-être. Cette question est accentuée dans notre société où l’on veut des garanties pour tout. Ce point est souvent une résistance de certains patients qui voudraient uniquement traiter un symptôme, mais surtout pas plus puisque la remise en cause entraîne des renoncements parfois douloureux. Quel est alors cet « au-delà de la souffrance » que l’on peut espérer ? Il s’agit souvent d’une libération, d’une pensée qui devient plus fluide et moins contrariée, mais il s’agit aussi de quitter certains modes de relation, d’emprise, de soumission, de pouvoir, auxquels l’individu tient, souvent par le biais de la culpabilité. Changer signifie choisir et renoncer. Le choix est entravé par le doute et la culpabilité et ne peut se faire qu’en ayant traité la volonté insidieuse.

 

Les conduites qui nous échappent et vont à l’encontre de ce que nous souhaitons amènent aussi à l’échec devant le succès ou à un comportement transmis mais dont le sens est incohérent avec le présent. Cet héritage peut prendre la forme d’un discours paradoxal qui nous a été communiqué : deux discours distincts, si ce n’est opposés, sur un même élément donnent une image floue. Il faut donc faire un focus sur la réalité de l’image pour établir une clarté de l’esprit qui permet d’avancer. Ainsi, la folie héritée, qui ne nous appartient pas, peut être retirée. Cela nécessite de se couper d’une partie de son propre fonctionnement puisque nous avons jusque-là vécu avec cette folie. Un des exemples fréquents de cela est de mettre à distance une personne ayant un comportement nous renvoyant à cette folie.

 

L’échec devant le succès est également une mise à distance : il s’agit, par exemple, du moment où un rêve devient réalité, souvent après des efforts et des sacrifices, comme l’entrée dans une grande école, ou de réussir à faire fonctionner une société au-delà de l’imaginable ou de vivre une relation amoureuse autrefois idéalisée. Le sujet n’est pas forcément prêt à cette transition et peut perdre pied. Il ne réussit pas à sortir d’une dynamique pour profiter des bénéfices. Cette problématique se traduit surtout dans l’inadéquation de soi-même avec l’objet : le rêve doit rester à l’état de rêve car sa réalisation provoque sa chute. En effet, le sujet n’a plus de moteur pour soutenir le rêve, et surtout, il ne se sent pas digne de ce résultat. Ce point, qui est une entrave au processus de changement, est à prendre en compte pour soi et dans le management par exemple, car un bon élément peut ne pas supporter une promotion. Atteindre un but amène à changer sa manière d’être, sa place, ses relations… et ce changement est parfois mal vécu.  

 

 

AXEL DE QUEYLAR
PSYCHOLOGUE PSYCHANALYSTE
0664981660