Transmission et identité: il s'agirait donc de savoir si l'identité est ou non transmise, la transmission pouvant se faire de manière informelle, non consciente, par imprégnation ou par imitation, ou de façon formelle délibérée, consciente.
Elle porte alors sur des valeurs, des savoirs, des compétences. Elle suppose une autorité reconnue, légitimée par sa fonction, son rôle, son statut, son mandat ou sa compétence. Ce qui est transmis est doté d'une valeur (les croyances), de la force d'une tradition (la culture) ou d'une preuve (la science).
La transmission fait sortir de l'enfance, de l'ignorance, elle produit un effet civilisateur et elle a un effet intergénérationnel. Elle procède de la chronologie, de la logique symbolique; elle suppose et institutionnalise des places: elle met chacun en place et à sa place, on peut dire qu'elle remet chacun à sa place: tu n'es pas tout, tu es le maillon d'une chaîne; cette place ne t'est pas assignée: un jour tu seras toi-même père ou grand-père tu ne t'es pas auto engendré.
La transmission est une nécessité biologique une conviction éthique mais ce système ne fonctionne que si la génération montante perçoit l'intérêt de cette appropriation Or on connait aujourd'hui un déficit de légitimité de la transmission par un relativisme des contenus à transmettre.
Les valeurs sont aussi relativisées. La laïcisation de la société à renvoyé la croyance religieuse à la sphère privée au choix individuel des personnes, engendrant une montée des communautarismes et un individualisme de groupe. L'identité est négative. elle se marque par la différence.
A ce relativisme des valeurs s'ajoute celui des connaissances: on dénonce aujourd'hui des théories scientifiques au nom de croyances religieuses: Darwin est dénié par les créationnistes évangélistes. Par ailleurs, le progrès scientifique est considéré responsable des menaces sur la paix et sur le réchauffement climatique.
Le savoir de ce fait est une notion devenue relative: la science n'est plus un produit achevé, mais un processus tâtonnant et discutable.
A ce relativisme des valeurs et des connaissances s'ajoute la méfiance des destinataires vis-à-vis des transmetteurs tant sur les contenus que sur leur capacité à transmettre: comment en effet transmettre des vérités discutées? On limite alors l'ambition de l'école, qui n'est plus l'école des savoirs. Son ambition est réduite à transmettre les fondamentaux: lire, écrire, compter, pour éviter tout sujet discutable. Or ce sont ces sujets discutables qui font la culture et qui constituent notre identité...
On constate également une montée de l'individualisme (Déclaration des droits de l'homme, le cogito cartésien) illustré par le libéralisme (chaque individu travaille pour l'intérêt général), contre laquelle l'impératif catégorique de Kant fait figure de digue fragile.
Au 19e siècle, quand Dieu est mort, l'individu devient le pivot de sa propre vie entraînant soit une tendance à l'hédonisme (la sculpture de soi chère à Onfray) ou à la dépression ( Michel Foucault), ou enfin le culte de la réussite érigé en programme politique (Macron).
Chaque identité est spécifique et chaque individu considére que sa propre spécificité n'est pas assez prise en compte par la société: c'est l'émergence des revendications identitaires des minorités, les noirs, les homosexuels... ces minorités sont victimisées. Elles demandent réparation.
On coupant la tête du roi pour ne garder que la fraternité l'égalité la liberté, c'est-à-dire l'immanence en lieu et place de la transcendance, on peut dire que l'horizontalité a remplacé la verticalité.
Autre disparition du symbolique avec la paternité devenue certaine et biologique.
La paternité est une vérité, en lieu et place de son instauration symbolique par la loi.
L'enfant est devenu un "petit" et un individu, autour duquel un droit spécifique s'articule.
En conclusion, on peut dire que la transmission devrait être une culture de la Le texte à été coupé: ...une culture de la question et non de la réponse. La transmission ne vise pas à la reproduction, mais à la procréation. C'est alors la possibilité de l'identité.
Merci de votre attention!
Joel Seydoux
Philosophe