Silence
Parler du silence est un paradoxe dont nous ne
parvenons pas à sortir.
Le silence est en effet la plus radicale des négations
puisque toute autre négation contient un certain
nombre d' affirmations.
Le "logos"
, raison et verbe, et à la base de la
philosophie occidentale; rendre raison suppose en
effet, comme on le constate dans les dialogues
socratiques, le déroulement d'un discours. En ce sens,
le philosophe est un briseur de silence, qui met à jour
des évidences ou des questions sans réponse.
Existe-t-il une essence du silence? Peut-on
appréhender le silence qui est l'indice du rien? Faire
silence est-il un abus de terme puisqu'il faut s'abstenir
de tout pour accéder au silence?
Le silence peut-être apaisant ou oppressant. John
Cage le définissait comme l'ensemble des sons
non voulus. Jankelevitch mettait le silence au cœur
même de la musique, au moment où les accords
respirent. Enfin, Sacha Guitry disait avec humour
que chez Mozart, le silence qui suivait sa musique
était encore du Mozart.
Toutes ces affirmations relèvent elles du paradoxe?
Dans le silence en effet, rien n'est dit, mais tout est
compris. On parle de silence éloquent....
Les silences n'existent que par les mots qui le
précèdent où ceux qui le suivent. Le silence à toujours
beaucoup à nous apprendre.
Joël Seydoux
philosophe

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